Avant même d’évoquer le baby blues ou la dépression du post-partum, l’attente puis l’arrivée d’un enfant dans un couple ou une famille constitue, par essence, un bouleversement majeur. Rien n’y échappe. C’est une période de transformations profondes, multiples et simultanées.
Anna Roy, sage-femme, autrice et chroniqueuse dans différents médias (je vous conseille d’ailleurs à ce sujet son podcast intitulé Sage-Meuf, disponible sur de multiples plateformes d’écoute), parle à ce sujet de « déflagration » : une onde de choc qui traverse la vie amoureuse, la vie psychique, la vie quotidienne, mais aussi le corps et la vie sexuelle. Ainsi, tout peut être sujet à déplacement, réorganisation et, parfois, fragilisation. Ce qui tenait jusque-là peut vaciller, non par faiblesse, mais parce que le paysage et les perspectives ont changé.
Comme toute phase de transition, cela peut générer du stress, de l’anxiété, des sentiments ambivalents, de la solitude, un vécu d’incompréhension face à l’autre, etc. Cette perte de repères et d’équilibre de vie, bien que temporaire, occasionne un entre-deux inconfortable, un moment suspendu où l’ancien ne fonctionne plus tout à fait et où le nouveau n’a pas encore pris forme.
C’est précisément dans cet espace de passage — fait de déconstructions et de reconstructions — qu’un soutien psychologique peut devenir un appui précieux. Non pas pour « corriger » ou pathologiser ce qui se vit, mais pour accompagner la traversée : parfois agitée, parfois plus apaisée, mais toujours singulière.
Cette traversée, quel que soit le temps qu’elle nécessite, est porteuse de résilience, à condition de ne pas être affrontée seule.
Carole Sorci.

